Anna Kingsford : une figure engagée entre science, féminisme et défense des animaux
- lesplumesdupasse

- 5 déc. 2025
- 3 min de lecture
J’ai découvert Anna Kingsford à la lecture de Féminisme minute de Shannon Weber, https://lesplumesdupasse.wixsite.com/mystilitteraire/post/féminisme-minute
Parmi les nombreuses figures présentées, son parcours s’est distingué par la place centrale qu’elle accordait à la défense du droit des animaux et au végétarisme. Cet engagement, en cohérence avec mon propre intérêt pour la protection animale et mon choix de vie, a guidé mon envie d’en apprendre davantage et de réaliser son portrait.
Née Annie Bonus en 1846 et décédée en 1888, Anna Kingsford fut une militante féministe, écrivaine, médecin, théosophe et l’une des premières figures engagées dans la lutte contre la vivisection. Elle est également connue pour avoir été la première femme anglaise à obtenir un doctorat en médecine. Issue d’une riche famille londonienne, elle bénéficie d’une éducation classique et hérite d’une rente importante qui lui assure une indépendance financière rare pour une femme de son époque.
Très tôt, elle affirme une personnalité hors norme. Enfant, elle se décrit comme une fée, dit posséder des capacités de prémonition et trouve refuge dans la littérature classique, particulièrement dans Les Métamorphoses d’Ovide. À l’adolescence, elle écrit son premier roman, Beatrice: a Tale of the Early Christians, publié lorsqu’elle a dix-sept ans. Ce texte, déjà engagé, met en scène le martyre d’une jeune femme et dénonce la domination masculine ainsi que la cruauté exercée sur les êtres vivants.
En 1867, elle épouse un de ses cousins, à condition de conserver une entière liberté personnelle. Elle donne naissance à une fille l’année suivante, mais sa santé se dégrade rapidement. Souffrant d’asthme, d’allergies, d’épilepsie ou encore de crises de panique, elle n’en poursuit pas moins ses engagements. Elle milite pour le droit de propriété des femmes mariées, pour l’accès des femmes à l’éducation supérieure et pour leur droit de vote, dénonçant les limites imposées à leur émancipation intellectuelle.
Son combat contre la vivisection marque un tournant majeur dans sa vie. Souhaitant comprendre et dénoncer cette pratique, elle décide d’entreprendre des études de médecine, chose alors interdite aux femmes au Royaume-Uni. Elle part donc étudier à Paris en 1874, où elle s’impose comme objectif de ne jamais assister à une séance de vivisection. En 1880, elle soutient sa thèse intitulée De l’alimentation végétale chez l’homme, dans laquelle elle défend le végétarisme comme une voie permettant de concilier éthique, santé et respect du vivant.
De retour à Londres, elle ouvre un cabinet médical qui rencontre un grand succès, notamment auprès des femmes. Elle multiplie également les conférences, écrit dans la presse et publie de nombreux textes dans lesquels elle relie santé, alimentation, spiritualité et respect de la vie animale. Dans les années 1880, son intérêt pour le mysticisme, l’hermétisme et la théosophie l’éloigne progressivement des cercles féministes traditionnels, sans toutefois l’éloigner de ses convictions fondamentales.
En 1886, alors qu’elle séjourne à Paris, elle décide d’aller confronter Louis Pasteur au sujet de la vivisection. Cette marche longue et éprouvante, sous la pluie, déclenche une grave détérioration de sa santé. Atteinte de tuberculose, elle continue néanmoins à écrire et à défendre ses idées jusqu’à la fin. Affaiblie par la maladie et des traitements de plus en plus lourds, elle meurt en 1888.
Son parcours rappelle à quel point certaines luttes, bien que menées il y a plus d’un siècle, résonnent encore aujourd’hui. Son engagement pour une médecine plus éthique, une société plus juste et un rapport plus respectueux au vivant continue d’interroger nos pratiques et nos choix.




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