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Défense des droits des femmes

  • Photo du rédacteur: lesplumesdupasse
    lesplumesdupasse
  • 3 oct. 2025
  • 3 min de lecture

Un essai publié en 1792, en plein tumulte de la Révolution française, l’autrice y répond avec force aux théoriciens de son époque, notamment Rousseau, qui reléguaient les femmes à des rôles subalternes et jugeaient inutile de leur offrir une véritable éducation.


couverture du livre défense des droits des femmes

Dans une société où la femme était considérée comme intellectuellement et socialement inférieure, l’autrice revendique un droit simple et essentiel, celui de recevoir la même éducation que les hommes.

 

De quel droit les hommes s'arrogent-ils les fonctions exclusives de juges si les femmes partagent avec eux le bienfait de la raison ?

Elle défend l’idée que les femmes ne sont pas naturellement faibles ou incapables, mais qu’elles le deviennent faute d’opportunités et d’instruction.

 

Dans ma réclamation des droits de la femme, mon principal argument est établi sur ce principe simple que si la femme n'est point préparée par l'éducation à devenir la compagne de l'homme, elle arrêtera le progrès des Lumières. Car la vérité doit être commune aux deux sexes, ou nous courons le risque de la voir sans effet par rapport à son influence dans la pratique générale ; et comment veut-on que la femme y coopère à moins qu'elle ne sache de quelle manière elle doit être vertueuse ?

Elle appelle ainsi à un système éducatif rationnel, mixte et égalitaire, permettant aux femmes de développer leur raison et leur autonomie. Par ce biais, elle plaide non seulement pour l’émancipation des femmes, mais aussi pour une société plus juste dans son ensemble.

 

Avouons que cet hommage spécieux nous a fasciné l'esprit au point qu'aujourd'hui les femmes, à quelques exceptions près, ne veulent qu'inspirer de l'amour, tandis qu'elles devraient nourrir une plus noble ambition et s'attirer le respect par les qualités du cœur et de l'esprit.

L’essai ne se contente pas de revendiquer l’éducation, il remet également en question les rôles assignés aux femmes. L’autrice critique la vision réductrice qui cantonne la femme au rôle d’épouse ou de mère, rôles qu’elle juge trop limitants pour permettre un plein épanouissement personnel. Elle appelle à une redéfinition de ces places, afin que les femmes soient reconnues avant tout comme des individus libres.

 

Un homme, quand il entreprend un voyage, a généralement un but en vue ; une femme pense davantage aux incidents, aux choses singulières qu'elle pourra rencontrer sur la route, à l'impression qu'elle espère faire sur ses compagnons de voyage, et, par dessus tout, elle est sérieusement occupée du soin des parures qu'elle emporte avec elle et qui font toujours plus qu'une partie d'elle-même, surtout quand elle va figurer sur un nouveau théâtre, quand elle va faire "sensation", pour me servir de l'expression française qui rend très bien mon idée.

Ce qui m’a frappé à la lecture, c’est la modernité de sa plume. Deux siècles plus tard, son appel à la justice et à l’égalité conserve une force étonnante. On sent dans chaque page la passion d’une femme qui, en avançant ses arguments avec clarté et fougue, cherche à éveiller les consciences.


Je plaide pour mon sexe, j'en conviens, mais non pour moi-même. Je regarde depuis longtemps l'indépendance comme le plus grand bonheur de cette vie, et même comme la base de toute vertu ; et cette indépendance, je me l'assurerai toujours en resserrant mes besoins, dussé-je vivre sur des landes stériles.

 

Pour ma part, j’ai trouvé cet essai bouleversant de lucidité. Certaines phrases semblent avoir été écrites pour notre époque, tant elles trouvent un écho dans les débats contemporains sur l’éducation, l’égalité professionnelle ou le partage des rôles dans la famille. Cet essai fait comprendre que les combats d’hier continuent d’éclairer ceux d’aujourd’hui.

 

La liberté est la mère de la vertu. Si les femmes étaient esclaves par leur nature, s'il ne leur était pas donné de respirer l'air vivifiant de la liberté, elles languiraient comme des plantes étrangères et seraient regardées comme un beau défaut dans la nature. N'oublions point qu'elles ne sont pas autre chose aujourd'hui. Mais on peut rétorquer sur l'homme l'argument relatif à la servitude dans laquelle le sexe a toujours été retenu. Le petit nombre a toujours asservi le plus grand, et des monstres qui méritaient à peine le nom d'hommes ont tyrannisé des milliers de leurs semblables.

C’est un texte fondateur parce qu’il donne la parole à une femme qui ose défier les idées reçues de son temps. Parce qu’il nous rappelle que l’égalité n’est pas une évidence acquise, mais une conquête toujours à défendre.


Lu dans le cadre de mon challenge 1 auteur 1 chien https://fr.wikipedia.org/wiki/Setter_anglais

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