Emily Eden : biographie et œuvres d’une écrivaine anglaise du XIXe siècle
- lesplumesdupasse

- 29 avr.
- 2 min de lecture
Une écrivaine britannique à la fois poétesse et romancière, connue pour ses récits pleins d’esprit sur la vie anglaise du début du XIXe siècle. Elle est aussi l’autrice d’un récit de voyage marquant en Inde, ainsi que de deux romans qui ont rencontré un beau succès.
Je suis tombée sur cette autrice un peu par hasard, en explorant le site Littérature audio. Ma première découverte fut la Maison mitoyenne, un roman fin, léger et très teinté d’humour anglais. On y suit la jeune et fantasque Lady Chester, venue terminer sa grossesse dans le voisinage de la famille Hopkinson, issue de la gentry, dans une petite ville proche de Londres. Malgré les préjugés sociaux très présents dans le récit, les filles Hopkinson, sincères et sensibles, parviennent peu à peu à désarmer les réticences de Lady Chester et à gagner les cœurs les plus fermés, malgré les manigances de la cupide baronne Sampson. J’ai trouvé ce roman à la fois drôle, subtil et très agréable à écouter.
J’ai ensuite découvert Le couple désaccordé, dont tu peux retrouver mon avis de lecture sur le blog https://lesplumesdupasse.wixsite.com/mystilitteraire/post/le-couple-désaccordé
Ces 2 lectures m’ont donné envie d’en savoir plus sur cette autrice que je ne connaissais absolument pas.

Née à Westminster, elle est la septième fille de William Eden, premier baron Auckland, et d’Eleanor Elliot. L'autrice est aussi l’arrière-arrière-arrière-tante du Premier ministre Anthony Eden.
À la fin de la trentaine, elle part en Inde avec sa sœur Fanny, où leur frère George Eden, comte d’Auckland, est gouverneur général entre 1835 et 1842. De ce séjour, elle tire un ensemble de lettres publiées plus tard sous le titre Up the Country, Letters Written to Her Sister from the Upper Provinces of India en 1867. On y découvre des descriptions de voyage très vivantes, mais aussi des observations sociales fines et parfois sans détour sur la vie coloniale et les événements politiques de l’époque, notamment la désastreuse retraite de Kaboul en 1842.
Elle est l’autrice de deux romans que j’ai trouvés très réussis, The Semi-Detached House en 1859 et The Semi-Attached Couple en 1860, ce dernier ayant pourtant été écrit dès 1829. Ces textes, marqués par une vraie veine comique, ont souvent été rapprochés de l’univers de Jane Austen, une autrice qu’elle admirait beaucoup.
The Semi-Detached House est décrit comme une étude fine des contrastes sociaux entre aristocratie, bourgeoisie et classes populaires. Ses lettres ont ensuite été publiées par Violet Dickinson, une proche de Virginia Woolf.
On y trouve des commentaires très vifs sur la société anglaise, comme celui qu’elle fait à propos du roi Guillaume IV, qu’elle juge « une immense amélioration par rapport au dernier animal impitoyable, George IV cet homme souhaite au moins rendre tout le monde heureux.
L'autrice ne s’est jamais mariée, financièrement indépendante, elle n’avait pas besoin d’écrire pour vivre, mais elle le fait par passion. Après la mort de Caroline Lamb, certains de ses proches ont même imaginé une possible union avec Lord Melbourne, un ami de la famille, mais elle le trouvait déconcertant et était choquée par ses manières.
Comme le note son biographe Lord David Cecil, leur mariage aurait peut-être été heureux mais l’amour n’est pas l’enfant de la sagesse et aucun des deux ne le souhaita.



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