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Georgia O’Keeffe : au-delà du mythe, le regard d’une pionnière de l’art moderne

  • Photo du rédacteur: lesplumesdupasse
    lesplumesdupasse
  • 15 avr.
  • 3 min de lecture

À l’occasion de la journée mondiale de l’art, j’ai eu envie de consacrer un portrait à Georgia O'Keeffe, une artiste que j’ai découverte récemment mais pas forcément de la meilleure manière.


C’est en effet grâce à la bande dessinée Georgia O’Keeffe, amazone de l’art moderne, empruntée à la médiathèque, que j’ai fait sa connaissance. Une lecture intéressante, mais aussi un peu frustrante. La BD se concentre largement sur sa relation avec le photographe Alfred Stieglitz, une histoire faite de passion, de tensions et de regrets au point de laisser ses œuvres presque en arrière-plan.


Et c’est justement ce qui m’a donné envie d’aller plus loin : qui était vraiment Georgia O’Keeffe, au-delà de cette relation ?


Portrait de Georgia O'Keeffe

Née dans une ferme du Wisconsin, au sein d’une famille nombreuse, rien ne destinait vraiment Georgia O’Keeffe à devenir une figure majeure de l’art moderne. Pourtant, très tôt, elle s’intéresse au dessin et poursuit des études artistiques à Chicago puis à New York, où elle suit notamment l’enseignement de William Merritt Chase.


Mais ses débuts sont loin d’être simples. En 1908, elle doute de sa capacité à devenir artiste et abandonne même la peinture pendant plusieurs années. Ce n’est qu’en 1912, grâce à la découverte des idées d’Arthur Wesley Dow, qu’elle retrouve un élan créatif. Elle commence alors à explorer une approche plus personnelle, centrée sur les formes, les lignes et les couleurs plutôt que sur une représentation fidèle du réel.


C’est finalement une rencontre décisive qui va changer sa vie, celle d’Alfred Stieglitz. En 1916, une amie envoie certains de ses dessins à la galerie 291 que celui-ci dirige. Séduit, il décide de les exposer. Leur relation, d’abord artistique, devient rapidement amoureuse, et ils se marient en 1924.


Mais réduire à ce lien serait une erreur. Si Stieglitz joue un rôle dans sa reconnaissance, elle développe très vite un univers qui lui est propre. Elle s’impose avec des œuvres audacieuses, notamment ses célèbres gros plans de fleurs, où les formes deviennent presque abstraites, ainsi que ses paysages urbains et ses représentations de gratte-ciel.


Tableau Georgia o'keeffe

Ce qui me frappe dans son travail, c’est cette manière de transformer le réel, une fleur, un os, un paysage désertique deviennent des formes presque hypnotiques, entre figuration et abstraction.


À partir de la fin des années 1920, un autre tournant s’opère. Lassée de son environnement à Lake George, elle découvre le Nouveau-Mexique, une région qui va profondément marquer son œuvre. Les paysages arides, les ciels immenses et les formes minérales nourrissent son inspiration pendant des décennies. Elle y trouve une forme de liberté artistique, mais aussi personnelle.


Tableau paysage de georgia o'keeffe

Malgré des périodes difficiles, une dépression dans les années 1930, elle continue de peindre et d’exposer. Sa reconnaissance grandit, jusqu’à faire d’elle l’une des artistes américaines les plus importantes du XXe siècle. Elle reçoit de nombreuses distinctions et devient même la première femme à bénéficier d’une rétrospective au Museum of Modern Art de New York.


Tableau de georgia o'keeffe

La fin de sa vie est marquée par des problèmes de vue qui l’empêchent progressivement de peindre. Pourtant, elle continue de créer autrement, notamment à travers le dessin et avec l’aide de son assistant Juan Hamilton.


Elle s’éteint en 1986 à l’âge de 98 ans, laissant derrière elle une œuvre puissante, singulière et profondément moderne.


En finissant mes recherches, je me rends compte à quel point la BD que j’avais lue ne montrait qu’une facette de cette artiste. Bien sûr, sa relation avec Stieglitz fait partie de son histoire. Mais elle est avant tout un regard unique sur le monde, une manière de voir au-delà des apparences.


Ce qui m’a le plus marquée, c'est cette capacité à transformer le réel en quelque chose de presque abstrait, presque méditatif.

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