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La guerre invisible : Révélations sur les violences sexuelles dans l'armée française

  • Photo du rédacteur: lesplumesdupasse
    lesplumesdupasse
  • 23 mars
  • 2 min de lecture

Un essai publié en 2014 qui met en lumière les violences sexuelles et le harcèlement subis par les femmes au sein de l’armée française.


Couverture du livre la guerre invisible

Avant cette lecture, j’avais déjà entendu parler, dans les médias, de certaines affaires concernant des violences faites aux femmes dans des écoles militaires françaises, ainsi que du traitement réservé à celles et ceux qui osent les défendre. J’ai été surprise de constater que cette enquête, réalisée en 2013, reste encore aujourd’hui terriblement actuelle. Les mentalités semblent évoluer bien plus lentement qu’on pourrait l’espérer.


Le problème, résume une femme officier marinière, c'est que l'Institution est dirigée par les officiers, et les officiers, ils sont cathos et machos au possible. Ils sont vingt ans de retard dans leur mentalité. En-dessous de ces officiers, on a des ados attardés, qui bougent beaucoup, qui n'ont pas forcément fait beaucoup d'études, qui ne viennent pas forcément d'univers sociaux très cleans.

À travers cette enquête inédite menée dans l’armée de terre, de l’air, la marine et la gendarmerie, les autrices donnent la parole à des femmes engagées qui subissent, au quotidien, des comportements inacceptables de la part de leurs “frères d’armes” mais aussi de leurs supérieurs hiérarchiques.


La peur même de l'agression entraîne des conséquences dramatiques

Dans cet univers encore très masculin, elles doivent sans cesse prouver leur légitimité. L'essai met en lumière une réalité choquante, les insultes, harcèlement, rumeurs, photomontages à caractère pornographique, propositions déplacées… Certaines témoignent même d’agressions sexuelles pouvant aller jusqu’au viol y compris lors de missions à l’étranger.


Pendant l'opération "Liberté en Irak", il était impératif pour les personnels des forces de la coalition de boire des litres d'eau le jour pour éviter une déshydratation. Pourtant, plusieurs femmes soldats ont souffert de déshydratation. Deux d'entre elles en sont même mortes. L'affaire a fait l'objet d'une enquête et il est apparu que ces femmes avaient arrêté de boire pendant l'après-midi. Elles avaient peur d'aller aux toilettes la nuit, puisque certaines d'entre elles avaient été harcelées auparavant, et que quelques unes avaient été violées par leurs collègues.

Ce qui m’a le plus marquée, c’est le silence qui entoure ces violences. Lorsqu’elles trouvent le courage de dénoncer ces actes, ces femmes sont souvent mutées, mises à l’écart, voire stigmatisées, tandis que leurs agresseurs restent en poste. Les procédures sont longues, complexes et les sanctions bien trop souvent insuffisantes.


Le mécanisme de la mutation fonctionne donc à plein régime. Mais selon une logique qui veut que la victime soit mutée et que l'agresseur reste en place.

En comparaison, certains pays comme les pays scandinaves, l’Australie ou encore les États-Unis semblent avoir pris ces problématiques plus au sérieux. En France, en revanche, une forme d’omerta persiste cet ouvrage et d’autant plus important.


Un essai nécessaire qui donne une voix à celles qui souffrent en silence et nous pousse à prendre conscience de l’ampleur du problème.


Au-delà du cadre militaire, il invite à réfléchir à la culture du silence qui entoure encore trop souvent les violences faites aux femmes, quel que soit le milieu professionnel.

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