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Le génie lesbien

  • Photo du rédacteur: lesplumesdupasse
    lesplumesdupasse
  • 2 déc. 2025
  • 3 min de lecture

Un essai féministe et militant publié en 2020. L’autrice, militante, lesbienne et féministe, propose une réflexion puissante sur la place des lesbiennes dans la société, ainsi que sur la manière dont elles sont perçues, aussi bien dans le mouvement féministe que dans le monde politique.


couverture du livre le génie lesbien

Enfant, je m’imaginais en garçon. J’ai depuis réalisé un rêve bien plus grand : je suis lesbienne. Faute de modèles auxquels m’identifier, il m’a fallu beaucoup de temps pour le comprendre. Puis j’ai découvert une histoire et une culture que j’ai embrassées, et dans lesquelles j’ai trouvé la force de bouleverser mon quotidien et le monde.

 

L’autrice mène une critique sur hétérosexuelle et patriarcal qui domine notre société. Se réclamant du lesbianisme radical, elle dénonce la marginalisation des femmes lesbiennes, y compris au sein du féminisme.

 

La conversation publique tourne alors autour de la soi-disant menace de censure contre le film. Mais quelle censure? Si l'on souhaite vraiment parler d'art et de censure, qu'on s'émeuve des milliards d'œuvres de femmes, de paroles, de regards dont on est privé depuis des siècles. À chaque fois que quelques-unes menacent de ne pas aller voir le film d'un grand homme, c'est l'émoi. Où est l'effroi face aux millions d'œuvres manquantes?
L'humanité se remettra de ne pas voir le film d'un Polanski. Elle crève de cet imaginaire confisqué par quelques-uns.

Dans cet essai, elle mêle expérience personnelle, analyse politique et réflexion sociologique. Elle dresse un panorama des obstacles rencontrés par les lesbiennes dans la société, ainsi que des multiples formes d’invisibilisation auxquelles elles font face, y compris dans les luttes féministes.

 

Les journalistes ont une peur panique de désigner certaines oppressions par leur nom. Ils craignent de passer pour des militants. Il y a, par exemple, une incapacité à employer directement les mots « raciste », « homophobe » ou « sexiste » dans un titre. Ce sera bien plus volontiers « jugée sexiste par les internautes », « accusé de racisme sur le web ». Ils répugnent à endosser eux-mêmes les dénonciations de discriminations. Ils préfèrent informer leur lectorat qu'il y a un tollé sur twitter au sujet de tel ou tel propos raciste, plutôt que de pointer les déclarations racistes en cause. Pire, si les journalistes ne peuvent s'appuyer sur la réaction d'une association ou sur l'indignation des réseaux sociaux qui qualifient correctement l'insulte ou le crime, alors ils se taisent.

L’autrice remet également en question le féminisme dit « mainstream », qui ne prend pas en compte les femmes lesbiennes. Elle critique l’hétérocentrisme du féminisme dominant, trop souvent focalisé sur les problématiques des femmes hétérosexuelles, sans intégrer les luttes, les besoins et les réalités lesbiennes.

 

L'actualité n'existe pas en soi. Elle est la somme de ce que les journalistes valident. Labellisent. « Toi t'es une info, toi t'es pas une info. » Ne pas enquêter sur la façon dont ils créent cette information, c'est passer à côté de l'actualité elle-même.

Elle pointe aussi une forme de récupération institutionnelle de la cause féministe, qui oublie les enjeux spécifiques de la libération lesbienne.

 

Les Freud à la petite semaine cherchent d'abord à se rassurer lorsqu'ils scrutent mon passé en quête de séquestrations, de viols ou d'incestes. Il est trop effrayant de concevoir que le seul fait de vivre au quotidien dans un monde façonné par le pouvoir et l'imaginaire masculins est un ressort suffisant pour nourrir la colère et la révolte.

La plume est franche, directe, parfois dérangeante, mais percutante. C’est une écriture militante, engagée et profondément réfléchie.

 

J'entends parfois des femmes se désoler de ne pas être lesbiennes. "Mais bon, lancent-elles, fatalistes, je ne suis pas attirée par les filles, j'aime les mecs. ". Elles ramènent cela à ce que l'on nomme "l'orientation sexuelle". Je ne suis pas sûre que cela veuille dire grand-chose. L'hétérosexualité ne se résume pas à une attirance.

Cet essai est une lecture essentielle pour mieux comprendre les enjeux liés à l’identité lesbienne dans notre société actuelle, où les luttes pour les droits des minorités de genre restent fondamentales.

 

Je ne lis plus les livres des hommes, je ne regarde plus leurs films, je n’écoute plus leurs musiques. Les productions des hommes sont le prolongement d’un système de domination. Elles sont le système. L’art est une extension de l’imaginaire masculin. Ils ont déjà infesté mon esprit.

Un essai qui ouvre une réflexion nécessaire sur le féminisme contemporain et sur la place qu’il accorde ou non aux lesbiennes.

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