Les droits des enfants
- lesplumesdupasse

- 30 juil. 2025
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Un essai publié en 1887, aborde un sujet fondamental : la protection des enfants. l'autrice s'intéresse à la condition des enfants, souvent négligée, et plaide avec passion en faveur de leurs droits, qui nécessitent une attention urgente.

L'autrice met en lumière des droits essentiels tels que le droit à l'éducation, la protection contre les violences, l'exploitation et l'importance d'un environnement familial sain. Elle souligne que l'éducation est cruciale pour le développement personnel des enfants et leur émancipation.
Ces idées que j'exprimais en 1876 salle taitbout, dans une conférence sur les droits des enfants faite en faveur de l'école laïque. L'enfant a cependant besoin d'être élevé, mais surtout bien élevé. On doit non seulement fortifier son corps, mais encore former sa conscience. La conscience n'arrive pas toute faite : on la fait ou on la défait suivant l'éducation. Nous la lui enseignons pendant 12 longues années, pour la battre en brèche pendant 12 autres longues années. Nous meublons sa jeune intelligence, sa jeune mémoire de la légende, de la féerie, du fantastique, du merveilleux, du miraculeux enfin, c'est-à-dire de l'invraisemblable, de l'impossible, du mensonge, de tout ce que rejettent et condamnent la science, la raison, l'expérience. Et l'on choisit, pour faire cette première semence, l'instant où le terrain est neuf, tout rempli de sève et d'énergies végétatives qui sont prêtes à accélérer le développement de tout germe.
En questionnant l'autorité parentale et les méthodes éducatives violentes, elle dénonce la perception de l'enfant comme une propriété parentale. Les punitions corporelles et la privation de liberté ne sont pas des solutions acceptables.
Depuis quelque temps, la presse fait défiler devant nos yeux toute une série d'actes abominables accomplis par des parents sur leurs enfants. C'est de leurs générateurs, de leurs protecteurs naturels que ces infortunés petits êtres sont victimes, eux qui n'ont pas réclamé la vie !
Deraismes revendique une éducation fondée sur la dignité, le respect, l'égalité et la justice, affirmant que chaque enfant possède une âme, une intelligence et une volonté propres, et donc des droits qui leur sont inhérents.
Les plus honteux, parce que leurs hypocrites auteurs non seulement s'acharnent sur un être sans défense, mais encore parce qu'ils se gardent, pour mieux assurer leur impunité, de se débarrasser de leur malheureux enfant par un seul coup violemment donné et qu'ils adoptent de préférence le système des mauvais traitements quotidiens. Ils font alors subir à cette faible créature un long martyre qui amène nécessairement sa destruction dans un délai plus ou moins considérable. Ils espèrent ainsi n'être ni soupçonnés, ni inquiétés et joignent la lâcheté à la barbarie.
Ce qui m'a frappé c'est que, bien que cet essai ait été écrit au XIXe siècle, les thèmes qu'il aborde résonnent encore aujourd'hui. La violence faite aux enfants et l'exploitation persistent dans notre société, ce qui rend cet ouvrage d'une actualité saisissante.
Sans doute, ces faits monstrueux ne sont pas nouveaux. De tous les temps, les types de parâtres et de marâtres ont toujours offert un trop grand nombre de spécimens.
Aujourd'hui que rien ne se passe guère sans être consigné et divulgué par les journaux, répandus à des millions d'exemplaires, ces faits nous semblent s'être augmentés ; tandis qu'en réalité, auparavant, la plupart échappaient à la connaissance publique faute d'être mis en lumière.
La plume de Maria Deraismes est à la fois accessible et engagée. On ressent sa détermination à faire évoluer les mentalités, à dénoncer les inégalités sociales et à appeler à une réforme plus juste. Elle plaide pour une éducation basée sur la bienveillance et la non-violence, tout en demandant une instruction universelle.
Mais ce qu'il y a de plus choquant, c'est que cette législation si indulgente devant l'assassinat commis sur un enfant conscient devient tout à coup des plus rigoureuses quand il s'agit d'avortement. Les incriminés vont en cour d'assises, où le minimum de la peine est de 5 ans et le maximum de 10 ns. De là on pourrait inférer qu'empêcher un enfant de naître est un plus grand crime que de le tuer quand il est né.
Un essai essentiel qui ouvre les yeux sur la réalité des enfants dans notre monde. Il incite à réfléchir et à agir pour défendre leurs droits, un appel à la conscience qui demeure pertinent aujourd'hui.



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