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Lidia Litviak, le Lys Blanc : héroïne soviétique ou légende de guerre

  • Photo du rédacteur: lesplumesdupasse
    lesplumesdupasse
  • 27 févr.
  • 3 min de lecture

J’ai découvert le destin de Lidia Litviak en lisant Les femmes combattantes de Marie Louise Buisson. Avis en cliquant ici https://lesplumesdupasse.wixsite.com/mystilitteraire/post/femmes-combattantes-7-h%C3%A9ro%C3%AFnes-de-notre-histoire


Parmi toutes les figures évoquées, la sienne m’a marquée. À la fois fulgurante et tragique, son histoire semble osciller entre vérité historique et mythe façonné par la propagande soviétique.


Qui était réellement celle que l’on surnommait le Lys Blanc ou la Rose de Stalingrad ?


Photo de Lidia Litviak

Née à Moscou en 1921, elle grandit dans une Union soviétique en pleine tourmente. Son père disparaît lors de la Grande Purge de 1937, vaste campagne de répression orchestrée par le régime stalinien. Cette disparition marquera durablement son existence.


Très tôt attirée par l’aviation, elle entre à 14 ans dans un aéro-club. À 15 ans, elle effectue son premier vol en solo. Elle poursuit ensuite sa formation à l’école d’aviation de Kherson et obtient un brevet d’instructeur. Voler n’est pas un rêve passager, c’est déjà une vocation.


Lorsque l’Allemagne nazie envahit l’Union soviétique en 1941, Lidia veut combattre. Mais son manque d’expérience lui ferme les portes des unités de première ligne. Déterminée, elle falsifie son carnet de vol en y ajoutant une centaine d’heures supplémentaires. Ce geste audacieux lui permet d’intégrer, début 1942, le 586e régiment de chasse féminin créé par la célèbre aviatrice Marina Raskova.


Aux commandes d’un Yakovlev Yak-1, elle assure d’abord la défense aérienne de la région de Saratov. En septembre 1942, elle est envoyée avec plusieurs autres femmes pilotes sur le front de la Bataille de Stalingrad, au sein d’une unité masculine.


3 jours après son arrivée, elle abat un Junkers Ju 88 puis un Messerschmitt Bf 109 G-2 piloté par un as allemand. Elle devient ainsi la première femme pilote à abattre un appareil ennemi en combat aérien. Le lendemain, elle récidive.


Son surnom vient du lys blanc qu’elle fait peindre sur le fuselage de son appareil. Quant à celui de Rose de Stalingrad, il ferait référence aux roses blanches peintes sur le nez de son chasseur après chacune de ses victoires.


En tout, elle effectue 168 missions. Le nombre exact de ses victoires reste cependant débattu. Officiellement créditée de 12 victoires personnelles, certains historiens estiment ce chiffre plus proche de 16, tandis que d’autres le ramènent entre 2 et 5. Cette incertitude illustre la difficulté à démêler les faits de la mise en récit héroïque propre aux temps de guerre.


En 1943, Lidia est blessée à plusieurs reprises. Lors d’un combat, elle doit poser son avion en urgence dans un champ, grièvement touchée. Elle refuse pourtant d’être éloignée du front.


La mort de son chef d’escadrille, Alexeï Solomatine, en mai 1943, l’affecte. Malgré tout, elle retourne au combat. Elle n’a que 21 ans.


Le 1er août 1943, lors d’une mission d’interception dans la région du Donetsk, son avion ne revient pas. Elle est portée disparue. Aucune trace, aucun corps identifié. Pendant des décennies, le mystère demeure.


En 1969, des enfants découvrent l’épave d’un avion contenant les restes d’un pilote près du village de Dmitriyeva. L’identification, relancée en 1979 par une enseignante, conduit à la reconnaissance officielle de Lidia Litviak.


En 1990, elle reçoit à titre posthume la distinction d’Héroïne de l’Union soviétique par Mikhaïl Gorbatchev.


Pourtant, certaines voix contestent cette version. Des historiens avancent l’hypothèse qu’elle aurait été capturée par les Allemands après s’être éjectée en parachute. Des témoignages évoquent la présence d’une femme pilote soviétique dans un camp de prisonniers. D’autres chercheurs estiment que l’identification du corps découvert près de Dmitriyeva repose davantage sur des recoupements d’archives que sur des preuves médico-légales irréfutables. La vérité demeure incertaine.


Lidia Litviak reste aujourd’hui l’as féminine la plus célèbre de la Seconde Guerre mondiale et la femme pilote de chasse au tableau de victoires le plus important de l’Histoire. Mais au-delà des chiffres et des décorations, c’est peut-être son obstination qui impressionne le plus, celle d’une jeune femme qui dans un monde d’hommes et en pleine guerre totale, a refusé qu’on lui dise qu’elle n’avait pas sa place dans le ciel.


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