Lucie Aubrac : portrait d’une résistante courageuse et inspirante
- lesplumesdupasse

- 29 sept. 2025
- 2 min de lecture
J’ai entendu parler de Lucie Aubrac pour la première fois pendant mes études. Je devais faire un exposé sur cette figure de la résistance. Plus tard, en librairie, je suis tombé sur son livre La Résistance expliquée à mes petits-enfants, un titre qui m’a immédiatement intrigué. Je l’ai lu, et vous trouverez d’ailleurs mon avis en cliquant sur ce lien: https://lesplumesdupasse.wixsite.com/mystilitteraire/post/la-r%C3%A9sistance-expliqu%C3%A9e-%C3%A0-mes-petits-enfants Mais surtout, cette lecture m’a donné envie d’aller plus loin, de découvrir la femme derrière le personnage historique.

Née Lucie Bernard en 1912, dans une famille modeste, elle grandit à Montceau-les-Mines. Ses parents, soucieux de donner une chance à leurs filles, l’encouragent à poursuivre des études. Très tôt, elle se distingue par son indépendance, refusant d’être enfermée dans un internat, elle préfère tracer sa route seule, coûte que coûte.
Elle prépare le baccalauréat en autodidacte et, malgré les échecs, finit par décrocher une licence d’histoire. En 1938, elle réussit l’agrégation et devient professeure. Mais derrière cette réussite académique, Lucie est déjà une femme engagée, militante aux jeunesses communistes, participante à des cercles pacifistes, elle fréquente des intellectuels qui marqueront aussi l’histoire, comme Jean-Pierre Vernant.
La guerre éclate, elle enseigne à Strasbourg, puis à Lyon, où elle rejoint son mari Raymond Samuel. Ensemble, ils plongent dans l’action clandestine, au sein du mouvement Libération-Sud.
Courageuse jusqu’à la témérité, Lucie se fait remarquer par ses actions audacieuses. Elle organise des évasions spectaculaires, distribue des tracts la nuit, participe à des sabotages. Son énergie force l’admiration, elle est mère d’un jeune enfant, mais cela ne l’empêche pas de prendre tous les risques.
L’épisode le plus célèbre reste sans doute son face-à-face avec Klaus Barbie, le “boucher de Lyon”. Sous un faux nom, enceinte, elle parvient à lui soutirer l’autorisation d’épouser son “fiancé” emprisonné… qui n’était autre que son mari. Elle profite de ce subterfuge pour lui transmettre les plans de son évasion.
Quelques semaines plus tard, en octobre 1943, elle réussit à libérer Raymond et 13 autres résistants lors d’une attaque de camion allemand en plein Lyon.
Après la guerre, elle poursuit ses combats, s’engage dans la vie politique, dirige des journaux, milite pour les droits des femmes. Elle n’oublie jamais de rappeler que la résistance fut une affaire collective, mais aussi profondément humaine.
Elle consacre une partie de sa vie à témoigner auprès des jeunes générations. Dans ses conférences, à la radio ou dans ses livres, elle cherche les mots justes pour transmettre la mémoire, toujours avec clarté et conviction. La Résistance expliquée à mes petits-enfants illustre parfaitement ce souci de pédagogie et de fidélité à l’histoire.
Lucie Aubrac s’est éteinte en 2007 à 94 ans, ses obsèques aux Invalides, avec les honneurs militaires, témoignent de l’immense respect que lui vouait la nation.
Ce qui me frappe, chez Lucie Aubrac, ce n’est pas seulement le courage héroïque. C’est la force de caractère d’une femme qui n’a jamais renoncé, ni face aux difficultés de ses études, ni devant l’occupant nazi, ni dans sa volonté de transmettre la mémoire.
En découvrant son parcours, on comprend que l’Histoire se fait aussi grâce à des individus capables d’agir avec audace et détermination, tout en restant profondément humains.
Elle disait :
Le mot Résistance doit toujours être conjugué au présent.



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