Ma double vie
- lesplumesdupasse

- 6 janv.
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Un roman autobiographique publié en 1907, nous plonge au cœur de la Belle Époque à travers le parcours exceptionnel deSarah Bernhardt, figure emblématique du théâtre.

Elle ne supportait pas qu’on tienne la plume à sa place. Parvenue au sommet de sa carrière, Sarah Bernhardt a tenu à rédiger seule ses mémoires, affirmant ainsi son indépendance et sa volonté de transmettre sa vérité.
Je me sentais, sans le définir, un léger mépris pour ce tribunal impitoyable. J'ai bien souvent, depuis, pensé à cette épreuve, et je me suis rendu compte que des êtres bons, intelligents. pitoyables, deviennent inférieurs lorsqu'ils sont groupés. Le sentiment de l'irresponsabilité personnelle éveille les mauvais instincts. La crainte du ridicule chasse les bons.
Surnommée la Divine, elle retrace sa vie personnelle, son enfance, sa famille, ses luttes et son ascension dans le monde du théâtre. On découvre une femme débordante d’énergie, excentrique et dotée de multiples talents, notamment la sculpture et la peinture.
Ah ! l'injustice de la guerre ! l'infamie de la guerre ! Il ne viendra donc pas, le moment rêvé où il n'y aura plus de guerres possibles ! Où un monarque qui voudrait la guerre serait détrôné et emprisonné comme un malfaiteur ? Il ne viendra donc pas le moment où il y aura un cénacle cosmopolite où le sage de chaque pays représentera sa nation et où les droits de l'humanité seront discutés et respectés ?
Elle évoque ses rencontres avec les artistes et intellectuels de son époque, mais aussi l’hypocrisie, la jalousie et les mesquineries auxquelles elle a dû faire face. Grâce à son tempérament audacieux, elle parvient néanmoins à triompher et à s’imposer dans un milieu largement dominé par les hommes.
Il faut haïr très peu, car c'est très fatigant. Il faut mépriser beaucoup, pardonner souvent et ne jamais oublier. Le pardon ne peut entraîner l'oubli ; pour moi, du moins.
La plume est fluide et immersive, j’ai été ressenti l’atmosphère de la Belle Époque, tout en rendant hommage au talent et à la modernité de cette artiste hors du commun.
J'avais, dans ces quelques mois, mûri mon cerveau, assagi la rudesse de mes vouloirs. Ma vie, que je croyais d'abord devoir être si courte, me paraissait maintenant devoir être très, très longue ; et cela me donnait une grande joie malicieuse, en pensant à l'infernal déplaisir de mes ennemis. Je résolus de vivre. Je résolus d'être la grande artiste que je souhaitais être. Et, dès ce retour, je me vouai à ma vie.
Un récit passionnant qui permet de mieux connaître une actrice fascinante.



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