Madame de Sévigné : portrait d’une femme qui écrivait pour ne pas perdre sa fille
- lesplumesdupasse

- 29 janv.
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Marie de Rabutin-Chantal, plus connue sous le nom de Madame de Sévigné, naît en 1626 et meurt en 1696. Elle est aujourd’hui considérée comme l’une des plus grandes épistolières françaises grâce aux lettres adressées principalement à sa fille, Madame de Grignan.
Je connaissais surtout son nom avant de lire récemment sa correspondance, découvrez mon avis en cliquant ici https://lesplumesdupasse.wixsite.com/mystilitteraire/post/les-lettres-de-madame-de-s%C3%A9vign%C3%A9

Orpheline très jeune, elle perd son père à un an puis sa mère quelques années plus tard. Elle est élevée par sa famille maternelle, notamment son oncle Christophe de Coulanges, dit « le Bien Bon », qui veille à son éducation. Elle reçoit une formation solide et apprend plusieurs langues, chose rare pour une femme de son époque.
En 1644, elle épouse Henri de Sévigné, dont elle devient veuve en 1651 après la mort de celui-ci lors d’un duel. Elle se retrouve alors seule avec deux enfants, Françoise et Charles.
Madame de Sévigné fréquente les cercles mondains parisiens, notamment ceux de La Rochefoucauld et de Madame de La Fayette, qui devient sa plus proche amie. Ces salons nourrissent son esprit, son sens de l’observation et son goût pour la conversation, que l’on retrouve dans ses lettres.
Son œuvre s’inscrit dans un XVIIe siècle où la littérature s’intéresse de plus en plus à l’individu et à la vie privée. Chez elle, l’écriture devient un espace où se mêlent confidences, nouvelles mondaines, réflexions et descriptions du quotidien. Bien qu’elle prétende souvent écrire sans soin, elle reste très attentive à son style. Elle valorise la simplicité, la vivacité, la tendresse et le naturel.
La grande aventure de sa correspondance commence véritablement en 1671 lorsque sa fille part vivre en Provence après son mariage avec le comte de Grignan. La distance provoque chez la mère une profonde douleur et déclenche un besoin presque quotidien d’écrire.
Ses lettres deviennent alors le moyen de maintenir le lien, elle raconte sa vie, les salons, les querelles, les mariages, les événements de cour, mais aussi ses inquiétudes et son affection maternelle. À travers cette correspondance se dessine une femme à la fois mondaine, sensible et profondément attachée à sa fille.
Elle garde par ailleurs une relation assez libre à la religion. Son vocabulaire emprunte souvent au registre religieux, parfois avec une légère désinvolture, mêlant ainsi spiritualité et vie profane.
Ce qui est intéressant, c’est que ses lettres n’étaient pas destinées à la publication. Après sa mort, différentes éditions paraissent, souvent incomplètes ou modifiées. Les descendants, puis divers éditeurs, tentent peu à peu d’en proposer des versions plus fidèles. Aujourd’hui encore, seules une partie des lettres proviennent des manuscrits originaux, beaucoup ayant disparu.
Si nous pouvons toujours lire Madame de Sévigné, c’est grâce à la conservation de ces lettres par ses correspondants, notamment sa fille et son cousin Bussy-Rabutin.
Les lire aujourd’hui, c’est découvrir une voix assez proche de nous, celle d’une femme, une mère, qui parle d’amour, d’absence, de société et de la vie quotidienne.



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