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Madame Deshoulières : une voix féminine dans la poésie classique du XVIIe siècle

  • Photo du rédacteur: lesplumesdupasse
    lesplumesdupasse
  • 17 avr.
  • 2 min de lecture

Antoinette du Ligier de la Garde Deshoulières est une poétesse française du XVIIe siècle, souvent surnommée par ses contemporains la « Dixième Muse ». Figure rare de femme reconnue dans les cercles littéraires de son temps, elle occupe une place singulière dans la poésie classique française.


J’ai découvert Madame Deshoulières grâce à un recueil récent de ses poésies, dense et exigeant. On y retrouve un mélange de pastorale, d’héritage médiéval et de poésie mondaine, mais aussi des réflexions sur la nature et l’animalité. Vous trouverez mon avis sur mon blog https://lesplumesdupasse.wixsite.com/mystilitteraire/post/po%C3%A9sies-de-madame-deshouli%C3%A8res


Portrait madame Deshoulières

Née à Paris en 1638 et issue d’un milieu aisé et cultivé, elle reçoit une éducation solide qui lui permet de maîtriser plusieurs langues, dont le latin, l’espagnol et l’italien. En 1651, elle épouse Guillaume de Lafon de Boisguerin des Houlières, officier au service du roi, dont les engagements politiques et militaires marqueront fortement la vie du couple.


Très tôt, elle fréquente les salons littéraires du Marais et s’intègre aux grands cercles intellectuels de son époque. Elle rencontre notamment Madame de Sévigné et Madeleine de Scudéry, et se lie à plusieurs figures majeures de la vie littéraire du Grand Siècle.


Sa poésie s’inscrit dans une tradition pastorale, mais elle s’en empare avec une tonalité personnelle. Elle écrit des églogues, des chansons et des poèmes mondains, où apparaissent déjà des réflexions sur le bonheur, la nature et la condition humaine. Son écriture oscille entre héritage classique et sensibilité plus intime.


Son œuvre la plus connue reste souvent l’Idylle des moutons, une allégorie touchante dans laquelle elle évoque la perte de ses enfants à travers la figure pastorale des animaux. Ce texte montre à quel point sa poésie peut mêler délicatesse, douleur et réflexion.


En 1684, elle est élue à l’Académie des Ricovrati de Padoue, et plus tard à l’Académie d’Arles. Bien que les femmes ne puissent pas intégrer l’Académie française à son époque, certaines de ses œuvres y sont tout de même lues publiquement.


Elle est également la mère d’une autre femme de lettres, Antoinette-Thérèse Deshoulières, ce qui fait de leur duo un cas intéressant de transmission littéraire féminine au XVIIe siècle.


Elle meurt en 1694 à Paris et est inhumée à l’église Saint-Roch.

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