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Marie d’Agoult, une voix libre du XIXᵉ siècle

  • Photo du rédacteur: lesplumesdupasse
    lesplumesdupasse
  • 22 févr.
  • 3 min de lecture

Une femme de lettres, historienne, salonnière engagée, elle demeure une figure fascinante du XIXᵉ siècle.


J’ai découvert cette autrice à travers Les Premières Années, une lecture qui m’a permis d’entrer dans son univers. Vous pouvez d’ailleurs retrouver mon avis lecture consacré à cet ouvrage sur le blog https://lesplumesdupasse.wixsite.com/mystilitteraire/post/premi%C3%A8res-ann%C3%A9es


Portrait Marie d'Agoult

Née Marie Catherine Sophie de Flavigny, comtesse d’Agoult, elle choisira plus tard le pseudonyme masculin de Daniel Stern pour publier ses œuvres un choix révélateur de la condition féminine de son époque.


Elle est la fille d’Alexandre Victor François de Flavigny, noble français émigré durant la Révolution, et de Maria Elisabeth Bethmann, issue d’une famille de banquiers allemands. Elle grandit entre deux cultures. Son père lui transmet le goût de la littérature française tandis que sa mère l’encourage à étudier l’allemand.


L'autrice reçoit une éducation au couvent des sœurs du Sacré-Cœur de Jésus entre 1819 et 1821, puis poursuit sa formation en Touraine. Elle est marquée par les lectures de François-René de Chateaubriand et de Jean-Jacques Rousseau, qui nourrissent sa sensibilité romantique.



En 1827, elle épouse le comte Charles Louis Constant d’Agoult, colonel de cavalerie et premier écuyer de Madame la Dauphine. De cette union naissent 2 enfants. Toutefois, le mariage décline notamment après la mort de l’une de leurs filles en 1834.


En 1833, elle rencontre le compositeur Franz Liszt lors d’un concert dans un salon parisien. Malgré les conventions sociales, elle entame avec lui une liaison passionnée. Elle quitte son mari en 1835 et part avec Liszt pour Genève, puis voyage en Italie, Rome, Venise, Milan. De leur union naîtront 3 enfants.


Cette rupture, scandaleuse pour l’époque, marque un tournant décisif dans sa vie, elle choisit l’indépendance, au prix de sa réputation.


À l’exemple de son amie George Sand, elle adopte un pseudonyme masculin, Daniel Stern. Ce choix serait né d’une conversation avec Émile de Girardin, et elle donnera d’ailleurs ce prénom à l’un de ses fils. Sous ce nom, elle publie en 1850 Histoire de la révolution de 1848, une œuvre majeure qui demeure une référence pour les historiens. Bien qu’elle n’ait pas participé directement aux événements, elle en propose une analyse personnelle et rigoureuse, nourrie de témoignages et d’observations.


Dès 1846, elle avait déjà affirmé sa pensée dans un essai consacré à la liberté, qu’elle considère comme inhérente à la condition humaine et indissociable de la connaissance.


Sous le Second Empire, l'autrice tient un salon influent où se rencontrent des républicains comme Émile Ollivier ou Jules Grévy. Son amitié avec George Sand connaît des tensions.


En 1839, dans Béatrix de Honoré de Balzac, elle se reconnaît dans le personnage de Béatrix de Rochefide, un portrait peu flatteur qu’elle n’apprécie guère, tandis que George Sand apparaît sous les traits plus favorables de Félicité des Touches.


Elle entretient également une relation précieuse avec Julie Victoire Daubié, première bachelière de France, qu’elle aide à s’introduire dans le milieu journalistique. Sa correspondance avec Hortense Allart, entre 1838 et 1876, témoigne de son ancrage dans les débats intellectuels de son temps.


Malgré son influence et la richesse de ses écrits, elle meurt ruinée en 1876. L'autrice est enterrée au cimetière du Père-Lachaise, à Paris. Une rue Daniel Stern, dans le 15ᵉ arrondissement, perpétue aujourd’hui sa mémoire.


Marie d’Agoult n’est pas seulement la compagne de Liszt, c'est une femme qui a revendiqué sa liberté intellectuelle et affective dans un siècle qui la contraignait. Historienne engagée, observatrice politique, écrivaine lucide, elle mérite d’être redécouverte.


Ma lecture de Les Premières Années m’a permis d’entrevoir une femme à la fois passionnée et profondément réfléchie, tiraillée entre les exigences sociales et son désir d’indépendance. Une figure moderne, en avance sur son temps.

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