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Moi, Tituba sorcière

  • Photo du rédacteur: lesplumesdupasse
    lesplumesdupasse
  • 12 janv.
  • 2 min de lecture

Une fiction historique publiée en 1986 le récit imagine la vie d’un personnage réel celle de Tituba, une jeune esclave du pasteur puritain Samuel Parris, accusée de sorcellerie lors du célèbre procès de Salem en 1692, une vaste chasse aux sorcières au cours de laquelle plus de 140 femmes et 20 hommes furent accusés et exécutés.


couverture du livre moi tituba sorcière

Le récit se déroule au XVIIᵉ siècle, d’abord à la Barbade, dans les petites Antilles anglaises. Tituba est la fille d’Abena, une esclave violée par un marin anglais à bord d’un navire négrier. Initiée aux pouvoirs surnaturels par Man Yaya, guérisseuse et faiseuse de sorts, elle développe une relation profonde avec le monde invisible. Son mariage avec John Indien l’entraîne à Boston, puis à Salem, où elle entre au service du pasteur Parris. C’est dans cette communauté puritaine, marquée par l’hystérie et la peur, que se déclenche le procès des sorcières. Tituba est arrêtée et restera emprisonnée jusqu’à l’amnistie générale, deux ans plus tard.

 

Les morts ne meurent que s'ils meurent dans nos coeurs. Ils vivent si nous les chérissons, si nous honorons leur mémoire, si nous posons sur leurs tombes les mets qui de leur vivant ont eu leurs préférances, si à intervalles réguliers nous nous recueillons pour communier dans leur souvenir. Quelques mots suffisent à les rameuter, pressant leurs corps invisibles contre les nôtres, impatients de se rendre utiles.

À travers ce personnage, l’autrice redonne une voix à une femme oubliée de l’histoire. Elle rend aussi hommage aux Antilles et met en lumière les oppressions subies par les femmes noire comme l’esclavage, le racisme, le sexisme.

 

Il y avait cependant une chose que j’ignorais : la méchanceté est un don reçu en naissant. il ne s’acquiert pas. Ceux d’entre nous qui ne sont pas venus au monde, armés d’ergots et de crocs, partent perdants dans tous les combats.

L’autrice s’appuie sur les procès-verbaux de l’époque pour construire la personnalité de Tituba. On découvre une femme courageuse, bienveillante et très humaine.


Hé, négresse! Est-ce que tu n'as pas peur des Indiens? Les Indiens? Je les redoutais moins ces "sauvages" que les êtres civilisés parmi lesquels je vivais et qui pendaient les vieillardes aux arbres!

 

Dès son plus jeune âge, Tituba est confrontée à l’injustice et à la violence. Malgré l’esclavage, la trahison, la prison et les nombreuses épreuves qu’elle traverse, elle reste fidèle à ses valeurs.

 

Les morts ne meurent que s'ils meurent dans nos cœurs. Ils vivent si nous les chérissons, si nous honorons leur mémoire,si nous posons sur leurs tombes les mets qui de leur vivant ont eu leurs préférences, si à intervalles réguliers nous nous recueillons pour communiquer dans leur souvenir. Ils sont là , partout autour de nous, avides d'attention, avides d'affection. Quelques mots suffisent à les rameuter, pressant leurs corps invisibles contre les nôtres, impatients de se rendre utiles.

J’ai été touchée par ce personnage, c'est une femme forte, libre et courageuse, qui reste elle-même malgré tout ce qu’elle endure. Un récit poignant sur la condition des femmes noires, à travers une plume touchante parfois ironique, malgré la dureté des thèmes abordés.


Les hommes n’aiment pas. Ils possèdent. Ils asservissent.

 

Une excellente lecture et une très belle découverte, qui réhabilite et met en lumière Tituba, longtemps tombée dans l’oubli.

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