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Phillis Wheatley : La poétesse qui a défié un empire

  • Photo du rédacteur: lesplumesdupasse
    lesplumesdupasse
  • 25 nov. 2025
  • 2 min de lecture

Née vers 1753 en Afrique de l’Ouest, arrachée à son enfance et transportée à Boston à bord d’un navire négrier nommé Phillis, la jeune fille qui deviendra Phillis Wheatley n’était, aux yeux du monde colonial, qu’une enfant sans histoire.

 

Pourtant, elle allait devenir la première poétesse afro-américaine publiée, et l’une des voix les plus puissantes du XVIIIᵉ siècle.


portrait de phillis wheatley

À son arrivée, elle est achetée par la famille Wheatley. Elle est frêle, malade, promise à devenir simple servante. Mais très vite, quelque chose bouleverse l’ordre établi, Phillis apprend seule l'alphabet. En quelques mois, elle parle un anglais impeccable.

 

Le couple Wheatley, étonnés, comprennent qu’ils ont devant eux une intelligence exceptionnelle. Ils lui offrent alors une éducation rare, même pour une femme blanche de leur époque, la littérature anglaise, Bible, latin, grec.

 

À 14 ans, elle publie déjà son premier poème dans le Newport Mercury. Très vite, salons, pasteurs, intellectuels se pressent chez Susannah Wheatley pour entendre parler cette adolescente noire, esclave, mais brillante oratrice et poétesse. Elle fascine, elle dérange, son existence même contredit les théories racistes de l’époque.

 

En 1772, face aux doutes qu’une femme noire puisse être l’auteure de poèmes de si grande qualité, 18 notables de Boston, des magistrats, pasteurs, marchands, organisent une sorte d’examen public.

 

Phillis se présente avec ses manuscrits. Les échanges ne seront jamais retranscrits, mais leur conclusion est que Phillis Wheatley est bien l’auteure de ses poèmes. Cette attestation deviendra la préface de son premier livre.

En 1773, elle se rend à Londres avec Nathaniel Wheatley. Là-bas, elle est accueillie comme une célébrité. Son recueil Poems on Various Subjects, Religious and Moral paraît la même année, c’est le premier livre publié par une femme afro-américaine.

 

La presse britannique célèbre son talent et critique l’Amérique pour ne pas reconnaître la grandeur de son esprit. Sous cette pression, les Wheatley finissent par l’affranchir, la poétesse est libre.

 

La Révolution américaine bouleverse Boston. La ville est détruite, les amis dispersés. Susannah, sa protectrice, meurt en 1774. Puis John et Mary Wheatley disparaissent à leur tour.

 

La poétesse continue d’écrire, des poèmes patriotiques, des lettres, des odes. Elle tente de publier un second recueil en rendant hommage à Benjamin Franklin, mais la crise économique et la guerre étouffent la scène littéraire.

 

Elle épouse John Peters, Afro-Américain affranchi, mais le couple lutte pour survivre. Leurs trois enfants meurent en bas âge.

 

Phillis Wheatley s’éteint en 1784, probablement des suites de la tuberculose, dans une relative pauvreté, loin de la gloire qu’elle avait connue.

 

Si le XVIIIᵉ siècle n’a pas su lui offrir la vie qu’elle méritait, l’Histoire, elle, retient son nom. Phillis Wheatley n’a pas seulement écrit de la poésie, elle a forcé une société entière à reconnaître l’humanité, l’intelligence et la sensibilité d’une femme noire.

 

Son œuvre, utilisée par les abolitionnistes, a ouvert les portes d’une littérature nouvelle celle des voix afro-américaines. C’est pour cela qu’on la surnomme aujourd’hui :

 

La mère de la littérature afro-américaine

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