Poétesses du monde entier
- lesplumesdupasse

- 8 mai
- 3 min de lecture
Une anthologie publié en 2023, ce recueil de poésie se divise en trois grandes parties : Les précurseuses, Les audacieuses et Les ardentes. Cette anthologie rassemble des poèmes de poétesses issues de différents pays, cultures et époques.

Parmi les figures les plus connues, on retrouve Sapphô, Emily Brontë ou encore Sylvia Plath. Mais l’ouvrage met également en lumière d’autres poétesses, parfois méconnues, qui mériteraient d’être davantage découvertes.
Nous étions comme deux branches naissant du même tronc : nous croissions d'une végétation magnifique ; mais quand on disait : L'arbre a jeté de profondes racines, les rameaux se fortifient et se chargent de fruits, Voici que l'un de nous est brisé par l'inclémence du Temps. Le temps en respecte rien, il n'épargne rien.
J’ai trouvé cette anthologie intéressante, car elle donne voix à des femmes souvent tombées dans l’oubli tout en nous offrant un véritable voyage poétique à travers le monde : de la Chine au Mali, en passant par l’Allemagne.
collier de jours identiques, matins d'espoir soirs de fatigue, jours gris comme perles de pluie, fil après fil, le temps de la guerre tresse sa corde, entre une ville et une autre ville, entre hier et demain, entre pouvoir et devoir, notre amour, vaillant, funambule au-dessus de l'abîme
Les poèmes abordent des thèmes variés comme l’amour, la nature, la spiritualité ou encore la condition féminine. Chaque autrice apporte sa propre sensibilité et son vécu, ce qui rend la lecture à la fois enrichissante et émouvante.
Quand je prononce le mot Avenir, sa première syllabe appartient déjà au passé. Quand je prononce le mot Silence, je le détruis. Quand je prononce le mot Rien. Je crée une chose qui ne tiendrait dans aucun néant
L'autrice souligne également que certaines de ces poétesses ne sont pas traduites en français ou restent difficiles à trouver aujourd’hui. C’est dommage, car leurs textes mériteraient d’être plus accessibles.
Je suis juive avec eux; Leurs souffrances s'inscrivent dans mon sang et coagulent; Sur le bord de ma fenêtre, leurs cendres se posent aujourd'hui encore; Chaque nuit j'étouffe sous les tonnes de leurs cheveux rasés - Je suis palestinienne avec eux; Leur douleur s'est plantée dans ma poitrine; Dans mes artères s'accumulent leurs pierres autre mur de lamentation
Grâce à cette lecture, j’ai eu le plaisir de découvrir des poétesses dont je n’avais jamais entendu parler, comme Li Qingzhao, Al-Khansa ou Mirabaï.
Dehors, du soleil. Ce n’est qu’un soleil mais les hommes le regardent et ensuite ils chantent. Je ne sais rien du soleil. Je sais la mélodie de l’ange et le sermon brûlant du dernier vent. Je sais crier jusqu’à l’aube quand la mort se pose nue sur mon ombre. Je pleure sous mon nom. J’agite des mouchoirs dans la nuit et des bateaux assoiffés de réalité dansent avec moi. Je cache des clous pour maltraiter mes rêves malades. Dehors, du soleil. Je m’habille de cendres.
Cette anthologie rend hommage à des voix féminines souvent méconnues et participe à la reconnaissance de la poésie féminine à travers le monde.
Signe de reconnaissance; Statue de femme aux mains liées; Tout le monde t'appelle aussitôt statue et moi aussitôt je te donne le nom de femme. Tu décores un jardin public. De loin tu nous trompes. On te croirait légèrement redressée pour te souvenir d'un beau rêve, et prenant ton élan pour le vivre. De près le rêve se précise : tes mains sont liées dans le dos par une corde de marbre et ta posture, c'est ta volonté de trouver quelque chose qui t'aide à fuir l'angoisse du prisonnier. On t'a commandée ainsi au sculpteur : prisonnière. Tu ne peux peser dans ta main ni la pluie ni la moindre marguerite. Tes mains sont liées. Ce n'est pas seulement le marbre qui te garde comme Argus. Si quelque chose allait changer dans le parcours des marbres, si les statues entraient en lutte pour conquérir la liberté, l'égalité, comme les esclaves, les morts et notre sentiment, toi tu marcherais dans cette cosmogonie des marbres les mains toujours liées, prisonnière. Tout le monde t'appelle aussitôt statue et moi tout de suite je t'appelle femme. Non pas du fait que le sculpteur a confié une femme au marbre et que tes hanches promettent une fertilité de statue, une belle récolte d'immobilité A cause de tes mains liées, que tu as depuis que je te connais, tous ces siècles, je t'appelle femme. Je t'appelle femme car tu es prisonnière.
Une très belle découverte.



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