Catherine Bernard : une dramaturge effacée par l’Histoire
- lesplumesdupasse

- 25 août 2025
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 23 sept. 2025
Première femme à faire jouer une tragédie à la Comédie-Française, autrice de romans, de contes et de poèmes, Catherine Bernard a pourtant été rayée de la mémoire collective.

J’ai entendu parler d’elle grâce à l’essai de Titiou Lecoq, Les grandes oubliées. Pourquoi l’Histoire a effacé les femmes. Elle y souligne :
Les ouvrages recensant les auteurs de théâtre commencent à omettre les femmes dès le XVIIIᵉ siècle et continuent jusqu’à nous. Leur importance diminue, leurs œuvres sont revues comme mineures ou attribuées à des hommes. Jusqu’à l’oubli complet.
Intriguée, j’ai voulu en savoir plus. Et c’est en lisant sa tragédie Brutus que j’ai découvert une autrice puissante, travaillant sur des thèmes brûlants : le devoir, la justice, mais aussi la famille et les tensions entre liberté et patriarcat. Avis lecture https://lesplumesdupasse.wixsite.com/mystilitteraire/post/brutus
Une vie consacrée aux lettres:
• 1680 : elle publie son premier roman, Frédéric de Sicile.
• 1689-1691 : ses tragédies Laodamie et Brutus triomphent à la Comédie-Française.
• Elle reçoit plusieurs prix de l’Académie française et des Jeux floraux de Toulouse.
• Louis XIV lui accorde une pension annuelle : rare reconnaissance pour une femme écrivain.
Convertie au catholicisme après une rupture familiale, Catherine Bernard choisit de vivre de sa plume. Elle fréquente les salons littéraires et contribue même à l’invention du conte de fées avec Riquet à la houppe et Le prince rosier.
Ses pièces posent une question politique audacieuse :
Le conflit irréductible entre gouvernement féminin (gynécocratie) et patriarcat » (Derval Conroy).
Cette liberté de pensée a sans doute nourri l’hostilité de ses contemporains.
Le coup le plus dur vient de Voltaire : accusé d’avoir plagié son Brutus, il nie même qu’elle en soit l’autrice et attribue la pièce à Fontenelle. Ce discrédit scellera pour longtemps l’effacement de Catherine Bernard.
Sous la pression de sa mécène Madame de Pontchartrain, elle cesse d’écrire pour le théâtre. Elle meurt pauvre en 1712, laissant ses modestes biens à son domestique.
Depuis les années 1980, des chercheuses et chercheurs redonnent enfin vie à son œuvre. Lire Catherine Bernard aujourd’hui, c’est non seulement redécouvrir une plume brillante du XVIIᵉ siècle, mais aussi interroger l’Histoire et ses silences.
✨ Pourquoi la redécouvrir ?
Parce qu’elle prouve que le talent n’a pas de genre. Parce que son destin raconte comment les femmes ont été effacées des mémoires. Et parce que, quatre siècles plus tard, sa voix résonne encore comme un acte de résistance.



Cette présentation de Catherine Bernard est vraiment passionnante, et elle rappelle à quel point certaines femmes ont été injustement mises de côté par l’Histoire. En découvrant son parcours, j’ai pensé à ces moments où l’on aime redonner leur place aux voix oubliées, un peu comme lorsqu’on explore tranquillement les nouveautés sur https://www.univers-sherpa.com/ et qu’on tombe sur quelque chose qu’on n’attendait pas mais qui mérite toute notre attention.
Au milieu du texte, on mesure l’importance de son œuvre et de son audace : première femme jouée à la Comédie-Française, autrice de tragédies fortes, de contes, de romans… et pourtant effacée, minimisée, voire attribuée à des hommes. C’est touchant de voir que des chercheuses et chercheurs travaillent depuis les années 80 à lui…