top of page

Mary Wollstonecraft: la première voix du féminisme moderne

  • Photo du rédacteur: lesplumesdupasse
    lesplumesdupasse
  • 6 oct. 2025
  • 2 min de lecture

J’ai découvert Mary Wollstonecraft avec Défense des droits des femmes, cet essai surgit en pleine Révolution française, un moment où tout semble possible et pourtant où les idées reçues sont encore solidement ancrées. Wollstonecraft défie les philosophes de son temps, Rousseau en tête, qui veulent limiter les femmes au foyer ou à la maternité, sans envisager qu’elles puissent penser, décider, instruire ou même agir. Mon avis https://lesplumesdupasse.wixsite.com/mystilitteraire/post/d%C3%A9fense-des-droits-des-femmes


portrait de mary wollstonecraft

Née en 1759 dans le quartier populaire de Spitalfields à Londres, elle n’est pas seulement une pionnière du féminisme, elle est la preuve qu’une voix solitaire, nourrie de douleur et de lucidité, peut bouleverser tout un siècle.

 

Son père, joueur et buveur, dissipe la fortune familiale et bat sa femme. Très jeune, Mary apprend à protéger sa mère et à se dresser, littéralement, entre la violence et l’amour.

 

Ce rôle de protectrice, elle le tiendra toute sa vie, pour ses sœurs, qu’elle aide à fuir des mariages malheureux, pour ses amies, qu’elle soutient envers et contre les conventions et plus tard, pour toutes les femmes qu’elle appellera à penser et à se libérer.

 

Avant d’être célèbre, Mary était institutrice. L’enseignement lui révèle à quel point l’éducation façonne la liberté et combien l’exclusion des femmes du savoir les condamne à la dépendance. De là naît Thoughts on the Education of Daughters en 1787, ce premier essai où l’on découvre déjà une voix insoumise.

 

Mais c’est avec A Vindication of the Rights of Woman en 1792, Défense des droits de la femme, qu’elle entre dans l’histoire, elle y dénonce un système social fondé sur le préjugé, et non sur la raison. L’autrice affirme que l’infériorité féminine n’est pas naturelle, mais culturelle, née du manque d’instruction. Ses mots brûlent d’intelligence et de compassion, elle ne veut pas que les femmes dominent les hommes, mais qu’elles deviennent leurs égales en humanité.

 

Mary Wollstonecraft vit selon ses principes au prix de la réprobation générale. Ses amours, avec Henry Fuseli puis Gilbert Imlay, défient les convenances. Elle enfante seule une fille, Fanny, et survit à deux tentatives de suicide, l’une après une trahison, l’autre après un abandon.

 

Loin de la réduire, elle voyage en Scandinavie et transforme ses blessures en littérature avec Lettres écrites en Suède, en Norvège et au Danemark en 1796 et continue de croire que penser est une forme de résistance.

 

À Londres, elle retrouve le philosophe William Godwin, d’abord adversaires intellectuels, ils deviennent amants, puis époux. Leur fille, Mary Shelley, future autrice de Frankenstein, naît en 1797. 

 

Malheureusement 10 jours plus tard, Mary meurt d’une fièvre puerpérale à l’âge de 38 ans. Godwin publie ensuite Memoirs of the Author of A Vindication of the Rights of Woman, un hommage sincère mais imprudent, en exposant les amours et les douleurs de son épouse, cela scandalise le pays et fait sombrer sa réputation pour près d’un siècle.

 

Elle renaît avec le mouvement féministe du XXᵉ siècle, les femmes qui reprennent la parole de Virginia Woolf à Simone de Beauvoir trouvent en elle une sœur d’armes. Aujourd’hui, son œuvre brille à nouveau incarnent la naissance du féminisme moderne.

 

Je ne désire pas que les femmes aient du pouvoir sur les hommes, mais sur elles-mêmes.

Commentaires


bottom of page